Le Girardin industriel est un dispositif fiscal qui offre une réduction d’impôt supérieure au montant investi. Concrètement, il finance du matériel industriel loué à des entreprises d’Outre-mer, sous forme d’un investissement one shot à fonds perdus, encadré par l’article 199 undecies B du Code général des impôts.

Qu’est-ce que le Girardin industriel ?

Le Girardin industriel est un dispositif de défiscalisation mis en place par l’État français pour favoriser le développement économique des territoires d’Outre-mer (DOM-COM). Il permet aux investisseurs métropolitains d’obtenir une réduction d’impôt plus élevée que le montant investi, tout en contribuant à compenser les handicaps structurels de ces territoires (éloignement géographique, conditions climatiques, faible niveau de développement) et à soutenir l’emploi local.

Concrètement, vous investissez via une société de portage qui achète du matériel industriel, agricole ou artisanal pour le louer à un exploitant ultramarin. L’investissement est “one shot” et à fonds perdus : vous ne récupérez pas votre capital, mais une réduction d’impôt imputée l’année suivant votre investissement. Si cette réduction dépasse votre impôt dû en année N, un report est possible sur les 5 années suivantes.

Pour que l’opération soit pertinente, il faut généralement payer au minimum 5 000 € d’impôt par an. Sauf modification de la législation, le dispositif reste ouvert aux souscriptions jusqu’au 31 décembre 2029.

Comment fonctionne un investissement en Girardin industriel ?

Fonctionnement girardin industriel

Le fonctionnement du Girardin industriel repose sur trois étapes. D’abord, une société de portage est créée spécifiquement pour l’opération. Vous devenez actionnaire de cette société en y réalisant votre apport.

Ensuite, la société de portage achète le matériel industriel qui répond au besoin d’un exploitant ultramarin (matériel agricole, véhicule professionnel, équipement de production) et le met en location. Cette location dure au minimum 5 ans, et peut aller jusqu’à 10 ou 15 ans selon le type de matériel financé.

Enfin, au terme de la période de location, la société de portage est liquidée et le matériel est rétrocédé à l’exploitant pour un prix symbolique, le plus souvent 1 €. Pendant toute la durée de location, l’exploitant verse un loyer inférieur à ce qu’il aurait payé avec un crédit classique, cette réduction de loyer étant justement le mécanisme qui justifie votre avantage fiscal.

Plafond et avantage fiscal

Le Girardin industriel bénéficie d’un plafond des niches fiscales majoré à 18 000 €, contre 10 000 € pour la plupart des autres dispositifs de défiscalisation en métropole. C’est l’un des plafonds les plus avantageux du marché.

Ce plafond ne s’applique cependant pas directement au montant de votre réduction d’impôt, mais à une fraction de celle-ci qui varie selon le type d’opération. Pour une opération de plein droit, cette fraction est de 44%, ce qui porte votre réduction d’impôt maximale à 40 909 € (18 000 € divisés par 44%). Pour une opération avec agrément fiscal, la fraction est de 34%, portant votre plafond de réduction à 52 941 € (18 000 € divisés par 34%).

Vous obtenez donc, pour un même plafonnement de 18 000 €, une capacité de réduction d’impôt sensiblement différente selon le type d’opération choisi, ce qui explique pourquoi le choix entre plein droit et agrément fiscal mérite d’être posé dès le départ.

Les 2 types d’opérations : plein droit ou agrément fiscal

Il existe deux catégories d’opérations en Girardin industriel, qui se distinguent par le montant du projet financé, la structure juridique et le formalisme administratif exigé.

Girardin industriel de plein droit Girardin industriel avec agrément fiscal
Montant du projet financé Inférieur à 250 000 € Supérieur à 250 000 €
Agrément fiscal Non requis Obligatoire
Structure juridique SNC, SAS ou SARL SA
Taux de rétrocession minimum 56% 66%
Mutualisation des risques Oui, plusieurs exploitants bénéficiaires Non, un seul projet financé

Le Girardin industriel de plein droit concerne les projets dont le montant total de matériel est inférieur à 250 000 €. Il ne nécessite aucun agrément préalable de l’État, la société de portage prend la forme d’une SNC, SAS ou SARL, et le taux de rétrocession minimum à l’exploitant est de 56%.

Le Girardin industriel avec agrément fiscal concerne les projets supérieurs à 250 000 €, ou certains secteurs d’activité considérés comme sensibles par l’administration. Il exige une validation formelle des services de l’État, la société de portage prend la forme d’une SA, et le taux de rétrocession minimum grimpe à 66%. Cette validation administrative renforcée s’accompagne généralement d’une mutualisation des risques moindre, puisque l’opération finance un projet spécifique plutôt que plusieurs exploitants.

Conditions d’éligibilité et localisation des investissements

Le dispositif Girardin industriel est accessible à tout contribuable dont la résidence fiscale est en France, conformément à l’article 4 B du Code général des impôts. Il n’y a pas de condition de revenu minimum à proprement parler, mais l’opération n’est pertinente que si vous disposez de la trésorerie nécessaire pour réaliser votre investissement.

Les investissements financés doivent être localisés dans les départements et collectivités d’Outre-mer, notamment la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Mayotte, ou encore la Nouvelle-Calédonie. Depuis la loi de finances pour 2025, le dispositif a d’ailleurs été ouvert en Nouvelle-Calédonie pour y soutenir la reconstruction après les émeutes survenues sur le territoire.

Investir en Girardin industriel et le déclarer

Concrètement, si vous investissez en Girardin industriel en 2026, vous obtenez votre réduction d’impôt en 2027, l’année suivant votre investissement. Cette déclaration se fait via le formulaire 2042 IOM, en complément de votre déclaration de revenus habituelle.

Nous vous recommandons de vous rapprocher d’un conseiller en gestion de patrimoine avant de vous engager. Chaque situation fiscale est différente, et le choix entre plein droit, agrément fiscal, et le niveau de garantie de l’opérateur mérite d’être étudié à la lumière de votre propre situation.

Foire aux questions

Quelle est la réduction d’impôt sur le Girardin industriel ?

La réduction d’impôt correspond au montant de votre investissement, majoré du rendement de l’opération négocié avec votre monteur. Elle est plafonnée à 40 909 € pour une opération de plein droit, et à 52 941 € pour une opération avec agrément fiscal.

Le Girardin industriel comporte-t-il des risques ?

Oui, c’est un investissement à risque qui peut entraîner la remise en cause de votre avantage fiscal en cas de défaillance de l’exploitant ou de non-respect des conditions du dispositif. Retrouvez le détail de ces risques dans notre article dédié aux risques du Girardin industriel.

Quel est l’avantage fiscal du dispositif Girardin industriel en 2026 ?

L’avantage fiscal reste identique en 2026 : une réduction d’impôt supérieure au montant investi, imputée l’année suivant votre investissement, dans la limite du plafond de 18 000 € de niches fiscales propre à l’Outre-mer. Le dispositif reste ouvert aux souscriptions jusqu’au 31 décembre 2029, sauf évolution de la législation.

Qui est éligible à la loi Girardin ?

Tout contribuable dont la résidence fiscale est en France est éligible, à condition de disposer de la trésorerie nécessaire pour réaliser son investissement.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la loi Girardin ?

Le principal avantage est d’obtenir une réduction d’impôt supérieure au montant investi, avec un effet “one-shot” rapide sur une seule année. Le principal inconvénient est que le capital investi n’est jamais récupéré, et que l’avantage fiscal peut être remis en cause en cas de défaillance de l’exploitant ou de non-respect des conditions d’engagement.

Quelle est la niche fiscale du Girardin industriel ?

Le Girardin industriel bénéficie d’un plafond de niches fiscales majoré à 18 000 €, contre 10 000 € pour la plupart des autres dispositifs de défiscalisation en métropole.