Pour réduire la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), il faut agir sur votre revenu fiscal de référence, car c’est la seule assiette qui compte, sans aucun abattement lié à votre situation familiale. Voyons ça ensemble.
Qu’est-ce que la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus
La CEHR existe depuis 2012 et s’ajoute à votre impôt sur le revenu quand votre foyer dépasse certains seuils. Elle est prévue par l’article 223 sexies du code général des impôts et se calcule directement sur votre revenu fiscal de référence.
Cette contribution s’applique aux revenus 2025 et 2026. Elle coexiste désormais avec un second dispositif, la contribution différentielle sur les hauts revenus, sur laquelle nous reviendrons plus loin.
Qui est concerné par ce seuil de 250 000 € ou 500 000 €
Vous êtes redevable de la CEHR si votre revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne seule, veuve, séparée ou divorcée, ou 500 000 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Ces seuils n’augmentent pas avec le nombre de personnes à charge, ce qui surprend souvent les familles nombreuses à hauts revenus.
Les profils les plus exposés sont les dirigeants en phase de cession d’entreprise, les foyers percevant une distribution exceptionnelle de dividendes, et les personnes qui réalisent une plus-value mobilière ou immobilière importante sur une seule année.
Comment elle s’ajoute à votre impôt sur le revenu
La CEHR n’est pas déductible du revenu imposable et ne réduit pas l’assiette des prélèvements sociaux. C’est un prélèvement additionnel sec, calculé selon un barème progressif qui va de 3% à 4% selon votre RFR et votre situation familiale.
Elle figure directement sur votre avis d’imposition, aux côtés de l’impôt sur le revenu classique. Il n’existe pas de mécanisme de réduction ou de crédit d’impôt qui s’applique spécifiquement à elle une fois qu’elle est calculée. Tout se joue donc en amont, sur le montant de votre RFR.
Pourquoi votre RFR peut vous faire basculer sans que vous vous en rendiez compte
Le revenu fiscal de référence inclut la quasi-totalité de vos ressources, y compris certains revenus soumis au prélèvement forfaitaire unique. Beaucoup de contribuables découvrent qu’ils franchissent le seuil l’année où ils perçoivent un revenu ponctuel, sans que cela reflète leur niveau de vie habituel.
C’est précisément pour ces situations que le législateur a prévu des mécanismes d’atténuation, à condition de les activer au bon moment.
Cession d’entreprise, dividendes, plus-values : les revenus qui font grimper la note
Une cession d’entreprise, une distribution de dividendes importante ou un rachat significatif sur un contrat de capitalisation peuvent faire basculer votre RFR bien au-delà des seuils, même pour une seule année. Ce phénomène de pic ponctuel est justement ce que la CEHR est censée capter en priorité.
Pour ces profils, l’anticipation compte davantage que la réaction. Un dirigeant qui prépare une cession a le temps d’organiser le calendrier de l’opération, contrairement à celui qui subit l’événement en cours d’année.
Le système du quotient pour lisser un revenu exceptionnel
Si votre RFR des deux années précédentes était inférieur aux seuils de la CEHR, et que votre RFR de l’année en cours atteint au moins 1,5 fois la moyenne de ces deux années, vous pouvez demander à bénéficier du système du quotient. Ce mécanisme atténue l’imposition en répartissant fictivement le revenu exceptionnel, plutôt que de le concentrer sur une seule année.
Ce dispositif n’est pas automatique. Vous devez en faire la demande par voie de réclamation contentieuse auprès de votre centre des finances publiques.
Les leviers pour faire baisser votre revenu fiscal de référence
Plusieurs leviers permettent de réduire concrètement votre RFR. Ils doivent être exécutés et débités avant le 31 décembre pour être pris en compte au titre de l’année concernée.
Trois pistes reviennent le plus souvent chez les foyers proches des seuils.
- Le versement volontaire sur un plan d’épargne retraite, déductible du revenu global dans la limite du plafond disponible
- Les travaux imputables en déficit foncier sur vos revenus locatifs
- L’étalement dans le temps d’une distribution de dividendes ou d’une cession d’actifs
Le déficit foncier et l’étalement des revenus
Si vous détenez un bien locatif, les charges de travaux peuvent s’imputer sur vos revenus fonciers puis, dans la limite de 10 700 € par an, sur votre revenu global. Cette imputation fait directement baisser votre RFR l’année où les travaux sont réalisés.
Fractionner une distribution de dividendes sur deux exercices plutôt qu’un seul, ou organiser la vente d’un bien en fin d’année pour décaler l’imposition, permet aussi d’éviter de concentrer un pic de revenu sur une seule déclaration.
Le versement PER, la solution la plus rapide en fin d’année
L’ensemble des versements volontaires que vous réalisez sur un plan d’épargne retraite en année N se déduit de votre revenu imposable. Plus votre tranche marginale d’imposition est élevée, plus l’économie est importante, et cette déduction peut même faire baisser votre RFR sous le seuil de la CEHR.
Le plafond de déduction peut être majoré pour les indépendants et dirigeants, et il est possible de cumuler les plafonds non utilisés des trois dernières années ainsi que celui du conjoint en cas d’imposition commune. C’est souvent le levier le plus rapide à activer, mais il suppose une épargne disponible que tous les foyers n’ont pas.
Les stratégies patrimoniales plus poussées pour les dirigeants
Pour les dirigeants et les foyers à très hauts revenus, d’autres leviers existent, mais ils demandent une préparation douze à dix-huit mois en amont et l’accompagnement d’un professionnel. Ils reposent tous sur le même principe, retarder ou éviter l’intégration d’un revenu dans le RFR de l’année.
Holding, capitalisation et liquidités sans vente d’actifs
Une société holding soumise à l’impôt sur les sociétés permet à un dirigeant de percevoir les dividendes de ses filiales sans qu’ils remontent immédiatement dans son RFR personnel. Le revenu n’est intégré que lorsque la holding distribue effectivement les sommes à la personne physique.
Les contrats d’assurance-vie et de capitalisation suivent une logique proche, les gains générés à l’intérieur du contrat n’entrent pas dans le RFR tant qu’aucun rachat n’est effectué. Pour obtenir des liquidités sans déclencher d’imposition, certains foyers recourent au nantissement de leurs actifs plutôt qu’à leur vente. Ces montages sont techniques et méritent d’être construits avec un conseiller en gestion de patrimoine.
Pourquoi la plupart des niches fiscales ne vous aideront pas
Un réflexe naturel consiste à chercher des réductions ou crédits d’impôt classiques pour faire baisser sa note fiscale. Sur la CEHR, ce réflexe ne fonctionne pas.
La distinction entre RFR et impôt dû est ici essentielle à comprendre.
Réductions et crédits d’impôt : pourquoi ils ne changent rien à votre RFR
La plupart des réductions et crédits d’impôt viennent diminuer le montant de votre impôt final, mais n’ont aucun effet sur le calcul du revenu fiscal de référence. Or c’est bien le RFR qui détermine si vous êtes redevable de la CEHR et à quel taux.
Seuls les dispositifs qui réduisent directement le revenu imposable, comme le déficit foncier ou le versement PER évoqués plus haut, ont un impact réel sur votre exposition à la CEHR.
CEHR et CDHR : pourquoi les deux peuvent se cumuler
Depuis la loi de finances 2025, un second dispositif est venu compléter la CEHR, la contribution différentielle sur les hauts revenus. Les deux mécanismes peuvent s’appliquer simultanément à un même foyer.
Bien distinguer les deux devient indispensable pour anticiper correctement votre stratégie.
La contribution différentielle qui vise un taux plancher de 20%
La CDHR garantit un taux d’imposition effectif minimum de 20% sur le revenu fiscal de référence des foyers les plus aisés. Elle s’applique lorsque la somme de votre impôt sur le revenu et de votre CEHR reste inférieure à ce seuil, ce qui concerne notamment les foyers dont les revenus sont majoritairement taxés au prélèvement forfaitaire unique de 12,8%.
Réduire votre RFR reste le levier commun aux deux contributions. La CDHR a toutefois été prorogée par la loi de finances 2026 jusqu’au retour du déficit public sous 3% du PIB, ce qui impose de construire une stratégie sur plusieurs années plutôt que sur un seul exercice.
Ce qu’il faut anticiper avant la fin de l’année
Un versement ou une opération réalisée après le 31 décembre ne s’impute que sur l’année suivante et n’a aucun effet sur la CEHR due au titre de l’année en cours.
Le calendrier à respecter pour que vos stratégies comptent vraiment
Les foyers concernés ont intérêt à faire le point avec leur conseiller dès l’automne, plutôt que d’attendre les derniers jours de décembre pour agir dans la précipitation.
Ces informations restent générales et chaque situation patrimoniale est différente. Pour une stratégie adaptée à votre RFR, votre structure de revenus et votre horizon patrimonial, rapprochez-vous d’un conseiller en gestion de patrimoine.
Questions fréquentes
Je suis célibataire avec 260 000 € de RFR, suis-je concerné par la CEHR ?
Oui, vous dépassez le seuil de 250 000 € applicable aux personnes seules, veuves, séparées ou divorcées. Le montant de la contribution dépendra ensuite du barème applicable à votre RFR exact.
Est-ce que mes crédits d’impôt réduisent ma CEHR ?
Non, la plupart des réductions et crédits d’impôt n’ont aucun effet sur votre revenu fiscal de référence, qui est la seule base de calcul de la CEHR.
Je peux cumuler CEHR et CDHR la même année ?
Oui, ces deux contributions peuvent s’appliquer simultanément à un même foyer si votre taux d’imposition effectif reste sous 20% de votre RFR malgré la CEHR.
Jusqu’à quand puis-je agir pour réduire ma CEHR de cette année ?
Vos opérations doivent être exécutées et débitées avant le 31 décembre pour être prises en compte au titre de l’année en cours.